Paris on the Move – « le Rock et l’école la rue »

Un mec armé d'une Gibson, des lunettes noires, un bandana autour du front, c'est Castan qui monte sur scène.

Et l'image d'un rocker baroudeur vous vient immédiatement à l'esprit. Car à la scène comme à la ville,

Castan est un personnage: pas une minute à s'ennuyer, toujours une anecdote, un rapport particulier avec la guitare,

le musicien qui l'a influencé. C'est dans cet esprit qu'il est venu me parler de son album, ‘Vol Libre’, de son parcour

et de la sortie de son prochain opus prévu pour l'été. Très cool et passionné à la fois, c'est le rock qui s'écrit

dans les grandes lignes et les petites histoires, autour d'un café crème.
 

VB: Le public a accueilli Castan, qu'est ce que Castan pense de son public. Réceptif? Froid?

Castan: Ecoute, pas si mal que cela, finalement, après toutes ces années. Depuis trois ans, date de sortie de ‘Vol Libre’,

je suis toujours sur scène, les gens viennent à mes concerts,… D’ailleurs les trois derniers étaient bien chauds,

avec une grosse ambiance. Ca bouge, ça danse, ça chante, et j’ai un public bien chaud avec qui je me donne à fond.

En plus, je prends un max de plaisir. C'est plutôt bon…!

 

VB: La scène rock française est un sol qui mérite d'être exploité. Penses-tu qu'on lui donne les moyens de le faire?

Castan: Oui, bien sûr que la scène française est riche, mais regarde la télé, écoute la radio. Hormis quelques belles exceptions,

tu as la réponse à ta question. Ce que je veux dire aussi, c’est que les concerts dans les salles petites et moyennes,

les festivals locaux, tous ces événements ne sont pas assez médiatisés et il est donc difficile de se faire entendre.

Ceci dit, il faut saluer le boulot des assoces qui programment des groupes peu ou pas connus avec des moyens souvent dérisoires.

Mais dans le rock, on a l'habitude de se démerder. Regarde les débuts d'AC/DC en Australie, et de quelques autres.

Ca n’a pas été facile pour eux non plus.

 

VB: Histoire de mieux te découvrir, peux tu expliquer ce qui a motivé Castan à monter sur scène?

Castan :Une déchirure. Pour m'évader, j'écoute les Stones, Stevie Ray Vaughan, Led Zep, AC/DC et la voix inoubliable

de Bonn Scott,… et bien d'autres groupes mythiques qui m'ont fait rêver. Pendant les week-ends et les vacances,

je fais des petits jobs pour payer mes guitares, mes cours. On répète à fond dans la cave de mon immeuble,

puis on donne un concert à la MJC de mon quartier, avec les potes de mon quartier, ce sont ensuite les premiers riffs,

les filles en backstage,... et cette passion qui ne m'a jamais quitté.

 

VB: Un parcours semé d'embûches ou de désillusions? Ou bien rempli de rencontres décisives?

Castan: Un concentré de pas mal de choses, dont des RDV manqués, des pseudos producteurs arnaqueurs de première,

des mytho, de vrais galères, des heures et des heures à répéter pour un concert qui est annulé a la dernière minute,

des moments tragiques mais aussi des concerts inoubliables, des rencontres avec des musiciens magiques.

Mais j'ai toujours la rage, et je ne lâche rien!!!

 

VB: Le prochain album à paraître sera en français ou en anglais? Sera-t-il différent de ‘Vol Libre’?

Castan : L'album sera en français, même si certains titres, dont des reprises qui me tiennent à cœur, seront en anglais.

J'aime chanter dans l'une comme dans l'autre langue, mais pour l'instant j'écris en français.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

VB: Comment ton album ‘Vol Libre’ a-t-il été accueilli?

Castan : Plutôt correct. Au début j'avais un peu la trouille, je ne savais pas si j'avais fait les bons choix.

Mais on a assuré un max avec de nombreux concerts et show-cases. Puis, avec les musiciens, on a été à fond

et à chaque concert je donnais tout. Quand je sors de scène je suis vidé, comme tu as pu t'en rendre compte récemment. Aujourd'hui l'album se vend encore et aussi après mes concerts. Mais faut que je fasse une parenthèse pour te parler

d'un de mes amis, Didier Lozano, qui a fait les arrangements de cet album et qui a produit un taf fabuleux

par son engagement remarquable et sa créativité. Et puis, tant qu'on y est, il faut aussi saluer des gens remarquables,

comme Yann Noel, et tous les musiciens qui ont bossé avec moi. Cela fera partie des très bons souvenirs, et bien rock'n'roll.

 

VB: Quel style de consonances pour le nouvel album sur lequel tu travailles? Tu vas faire des concessions?

Castan : Non, pas de concession, et l’album sera Rock, avec quelques rappels aux sonorités 70’s et des accents

Rhythm and Blues. Les racines, quoi.

 

VB: Tu es auteur compositeur, interprète, mais tu prévois aussi des reprises sur ton album. Pas de guests, sur certains morceaux?

Castan : Concernant les reprises, oui, il y en aura au moins une, sur le nouvel album, mais c'est à voir avec les éditeurs.

On planche même sur deux ou trois titres. Concernant les invités, il y en aura avec moi, sur scène. C'est prévu pour

les prochains concerts, dès septembre, et aussi en 2011. Pour le moment je ne peux pas encore te donner de nom,

mais je vois que tu es bien renseignée (sourire)…

 

VB: Qu'est ce qui, selon toi, te différencie des groupes de rock actuels?

Castan : Rien, si ce n'est le fait de monter sur scène, jouer du Rock, prendre un pied terrible devant des milliers de gens en délire, gagner un max de blé, se déplacer en jet privé, rouler en Aston Martin, se faire ouvrir un resto à Paris à n'importe quelle heure,

faire un bœuf avec des zicos monstrueux dans les studios d'Abbey Road ou descendre Malibu Beach en Harley, dormir

dans des suites pleines de filles cool, blondes, brunes, rousses, métisses et sublimes,…et en tournée, surtout,

ne plus entendre ronfler tes potes dans les tours bus, après les concerts, entre les odeurs de transpiration, de bière, et autres.

Bon, OK, c'est Rock 'n Roll, mais à force, on se lasse (rires)....! Comme tu le vois, ce ne sont que des choses simples, quoi! (rires)

 

VB: Où puises-tu tes sujets de chansons? De ton vécu ? De l'actualité?

Castan : Il n'y pas de règles. Je pioche dans du vécu, des voyages de toutes sortes, des rencontres, des blessures,

de l'amour, du manque, bref tout ce qui me touche, m'entoure, me construit ou me détruit. Le pire comme le meilleur.
 

VB: Que penses tu du téléchargement illégal. Est-ce, selon toi, la mort de l'industrie musicale?

Castan : Vaste sujet…! Sous prétexte que c'est de la musique ou du cinéma, c'est gratos. Et c’est comme cela

que des musiciens manquent de taf, des studios ferment, les labels sont plus frileux, et qu’il y a donc moins de budgets,

et moins de scènes, etc., etc. Pour ma part, je suis pour un téléchargement avec une participation raisonnable.

Non pas pour engraisser des financiers mais pour reconnaître le boulot des gens qui ont bossé.

Et puis aussi pour sauver quelques milliers d'emplois des gens du spectacle, intermittents et autres, toutes corporations confondues. Je ne connais pas le business des majors, mais je crois qu'elles savent réagir pour éviter le pire,

et elles doivent le faire car maintenant, avec le net, ça bouge encore plus vite. Pour finir, je crois que pour découvrir un artiste,

rien ne vaut la scène, le live, même si le net reste un bon outil de promo. C'est d’ailleurs par ces deux canaux que je vends

mes disques aujourd'hui, avant bien sur d'être invité un dimanche par la charmante Marie Drucker pour un 13 h sur France 2. D’ailleurs si tu connais son attachée de presse, parle lui de moi…! Peut être un coup de bol et qui sait? I know,...I' m a dreamer! 


VB: Auto production ou labellisation, un choix?

Castan : Pas vraiment un choix, en attendant qu'une major veuille bien me recevoir, mais si tu veux survivre tu passes d’abord

par l'autoprod. Par nécessité aussi, pour pouvoir jouer, monter sur scène, faire des dates, faire connaître ta musique.

Et puis un jour, après des tonnes de galères, si tu as la chance que ça marche, le téléphone sonne et

un label s'intéresse à ce que tu fais.

VB: As-tu déjà joué au sein de formations où tu ne trouvais pas ta place?

Castan : Non, pratiquement jamais, car quand ça me saoule, je préfère partir que jouer une musique que je ne sens pas,

Dommage pour moi, car si j'avais su fermer ma gueule plus souvent et faire des risettes, j'aurais peut-être moins galéré.

Mais faire semblant, j'ai du mal, même pour du pognon. Ou alors faut que ce soit pour beaucoup de pognon,

mais alors vraiment beaucoup. Et puis pour le moment il n'y a que le rock qui me fasse vraiment tripper!

 

VB: Quel est ton coup de cœur musical du moment?
Castan : En ce moment je reste concentré sur mes compos, sinon, j'ai écouté dernièrement "The Spaghetti Incident?",

des Guns N’ Roses, et ‘Dormir dehors’, de Daran et les chaises. Un album à dormir dehors (sourires).

 

VB: Si tu devais faire revenir sur scène un guitariste disparu, à qui songerais-tu?

Castan : Sans hésiter, Stevie Ray Vaughan.

 

Interview préparée et réalisée par Virgin B

Crédit photos : © Virginie B