Pascale Missoud sur son parcours et son premier album

Ses souvenirs ?

CASTAN les distille, peaufine ses confessions. Plusieurs années déjà que les mélodies murmurent dans sa tête.

Plusieurs années déjà qu’il suspend les mots à ses notes, que les notes épellent chaque mot.

Ebauche de vie, débauche de sons

Flashback : Angie, Paint it Black… CASTAN est né avec les Stones. Des mots de blues, démo de rythmes.

Dopé au Rythm and Blues, Roc à fond, mais that’s not all falks ; il y a aussi tous les grands standards de la Tamla Motown,

celui de la Pop pacsée à la Soul,des Supremes aux Temptations, de Marvin Gaye à Smokey Robinson.

De vous à moi, des Who à lui. Un pas, un chorus, la guitare devient le prolongement de son âme.

Bref passage dans une vie désactivée… Sans jamais lâcher sa Gibson Lespaul et sa Fender Telecaster.

Ses nuits sont plus belles que ses jours, entre les tournées, les bœufs parisiens et jam à Londres,

les belles rencontres avec d’autres musiciens, les galères aussi… Il chauffe la rive gauche, s’éclate aux Halles,

de bars en pubs, de caves en clubs. Mais Castan veut jouer le jour et la nuit.

Retour à la muse musicale, aux compositions. Et à la vie dans le sud ouest et ses racines occitanes.

 

Auteur, compositeur, interprète, CASTAN  fonde un groupe, Ultra Velours.

Du Velvet il garde l’Underground, se produisant surtout dans le sud ouest, son fief.

Les textes et la musique sont là. Déjà.

L’équipée dure cinq ans. Le groupe se sépare.

De la scène, il a appris la rigueur. CASTAN travaille alors en cavalier seul, polit ses textes, affine les mélodies.

Et trace la route. Musical lonesome cowboy.

Heures studieuses en studio. Entre Paris Bordeaux et Londres où il transite depuis longtemps,

allers retours jusqu’au bout du rêve. Le premier album arrive fin novembre 2004 avec des surprises et un son encore plus rock.

 

Délit de percussion

Le tempo sec et précis de la batterie contredit les accords lancinants des guitares.

La brutale brûlure d’un fouet sur une cambrure provocante : « Cheveux Rouges », c’est lui, ce souvenir d’un corps qui bouge.

Un flip, un trip : « Pas comme ça », c’est l’Histoire d’un quotidien usé de tant d’absurdités. D’emblée, la batterie bat la mesure

de cette banalité, impitoyable métronome d’une vie agonie, laissant aux guitares le soin de railler l’incurie ordinaire.

Mélopée mélancolique, cordes caressées. Un soupir, souffle retenu. Le Silence. Qui s’ouvre sur le lent martèlement de la batterie, escorté par les persiflages de sa Telecaster. « Jaloux de vous » sécrète ses secrets jusqu’au dernier accord plaqué, expire l’excès

de ses pulsions, jusqu’à l’explosionfinale. La voix se casse… Presque.

A fleur de mots

« Mots de tête ». « Tant de rien » : CASTA,N se joue des maux avec ses mots. Il vole au quotidien ses égratignures,

imprime la blessure fugacement entrevue. CASTAN, jongle avec l’ironie, harponne la dérision.

Pourtant pas de place pour les plaintes. Un souffle de tendresse. Un parfum de finesse.

A peine le temps d’effleurer une douce intimité, qu’il déflore le cynisme de la vie.

Castan ? Il nous emmène ici, vous entraîne ailleurs. Il y a du hype en lui.

 

Pascal Missoud, Journaliste.